21 févr. 2017

Le gâteau du Père Pio / La Tarta del Padre Pio



On l’appelle Tarta del Père Pio et il s'agit de ne pas être affamé car le gâteau ne sera prêt que dans 11 jours, oui!
Se llama Tarta del Padre Pio y se trata de no estar muerto de hambre ya que vamos a tardar 11 días en total para realizarla.

J’ai repensé à cette recette, réalisée il y a des années, en lisant celle, longue aussi, de la confiture d’oranges chez Bonheur du jour.

La légende dit que El Padre Pio était un missionnaire qui exerçait en Égypte, il y a des siècles peut-être,  et qui offrait du levain à ses fidèles.
Dice la leyenda que el Padre Pio era un misionero que ejercía, hace tal vez siglos, en Egipto y que ofrecía masa madre a sus feligreses.

Nous allons d’abord faire du levain:
. Un verre de farine
- Un verre de lait
-1/2 verre de sucre
-1/2 paquet de levure
On mélange le tout dans un bol qu’on laisse faire ce qu’il a à faire 1 jour au frais, mais pas dans la glacière (inexistantes en Égypte en ces temps là bien sûr;-)))
 
Primero haremos la masa madre:
- Un vaso de harina
- Un vaso de leche
- ½ vaso de azúcar
- ½ paquete de levadura
Se mezclan todos los ingredientes en un bol y se deja 1 día al fresco, no en la nevera ( en aquellos tiempos no existían en Egipto ¡claro!)




Pour la tarte vous n’aurez besoin d’aucun ustensile moderne non plus!
Para la tarta tampoco necesitaréis ningún utensilio moderno, claro ;-))

Jour 1: On met le levain dans un récipient et on ajoute un verre de sucre et un verre de farine SANS MÉLANGER
Jour 2: On mélange le tout avec une cuiller
Jours 3 et 4: on ne fait RIEN
Jour 5: On ajoute un verre de sucre, un autre de lait, et un de farine. On ne mélange pas.
Jour 6: On mélange le tout.
Jours 7-8-9: On ne touche à rien
Jour 10: Ici on est pris d’un accès d’humanisme: on sépare 3 parts de pâte qu’on offre à 3 personnes à qui on souhaite santé et fortune, accompagné de la recette.

Au reste on ajoute:

2 verres de farine
1 verre d’huile de tournesol
1 peu de cannelle
1 peu de vanille
1 pomme en morceaux
1 peu de sel
1 verre de sucre
1 verre d’amandes ou noix grillés
1 verre de raisins de Corinthe
2 œufs
1 paquet de levure
1 verre de lait.

Alors, on mélange joyeusement le tout, l’appétit peut enfin s'ouvrir avec toutes ces bonnes odeurs. On étend la pâte dans un moule et au four (150º) une heure environ.

Día 1: Se pone la masa madre en un recipiente y se añade un vaso de azúcar y otro de harina SIN MEZCLAR
Día 2: Se mezcla todo con una cuchara
Días 3 y 4: No de hace NADA
Día 5: Se añade un vaso de azúcar, otro de leche. No se mezcla.
Ria 6: Se mezcla todo.
Días 7-8-9: Otra vez no se toca
Día 10: Aquí os asalta un toque de humanismo: separáis 3 porciones de masa y las regaláis à 3 personas deseándolas salud, fortuna, y acompañado de la receta.

Al resto se le añade:

2 vasos de harina
1 vaso de aceite de girasol
1 poco de canela
1 poco de vainilla
1 manzana troceada
1 poco de sal
1 vaso de azúcar
1 vaso de almendras o nueces tostadas
1 vaso de pasas
2 huevos
1 paquete de levadura
1 vaso de leche

Ahora se mezcla alegremente, el apetito se abre finalmente con esos buenos olores. Se extiende la masa en un molde y al horno (150º) más o menos una hora.

15 févr. 2017

Le mur du doute / El muro de la duda




Le doute est un des noms de l’intelligence.

La duda es uno de los nombres de la inteligencia.

Jorge Luis Borges


Oui, pourtant je me doute qu'il y a certains doutes dont vous vous passeriez bien vous aussi...



 DOUTE
Combien d'insomnies me faut-il pour
abattre le mur du doute?
Combien d'ombres? Combien de luttes?
Il faut que je sache aujourd'hui -avant ton éveil-
si c'est le matin qui éclaire,
ou si c'est toi qui éclaires le matin.
(Trad Colo)

DUDA

¿Cuantos insomnios me hacen falta para
derrumbar el muro de la duda?
¿Cuántas sombras? ¿Cuántas luchas?
Hoy tengo que saber -antes que despiertes-
si la mañana es la que alumbra,
o si eres tú la que alumbra la mañana.

8 févr. 2017

Additionner / Sumar


Ida Vitale* (poète, traductrice, essayiste, professeur et critique littéraire Uruguayenne), 93 ans, est née à Montevideo. Fuyant la dictature, elle partit au Mexique (1974) puis plus tard aux États Unis où elle réside encore.
L’exil peut être une expérience dramatique et terrible ou une chose merveilleuse. En ce qui me concerne j’ai beaucoup souffert de éloignement de mes proches, j’en ai bavé, mais au bout d’un petit moment je me suis sentie vraiment enrichie. Le Mexique m’a donné non seulement le confort d’un monde agréable, mais aussi l’occasion de me sentir utile par des traductions, des cours...et quelque chose pour laquelle je n’arrêterai jamais de remercier ce pays, qui est son énorme ouverture à celui qui venait du dehors.”(Trad: Colo)

Ida Vitale (poeta, traductora, ensayista, profesora y crítica literaria uruguaya) tiene 93 años y nació en Montevideo. Huyendo de la dictadura, se fue a México (1974) y más tarde a los Estados Unidos donde reside actualmente.

El exilio puede ser una experiencia dramática y terrible o una cosa maravillosa. En mi caso me dolió mucho alejarme de mi gente, lo pasé muy mal, pero al poco tiempo me sentí mucho más enriquecida. México me dio no solo la comodidad de un mundo agradable, sino la oportunidad de sentirme útil con traducciones, con clases… y eso es algo que jamás dejaré de agradecerle a ese país, su enorme apertura hacia el que venía de fuera”.


Additions
                                                          Cheval et cavalier sont déjà deux animaux
 
Un plus un, dit-on. Et on pense:
une pomme plus une pomme,
un verre plus un verre,
des choses toujours identiques.


Quel changement que
un plus un soit un puritain
plus un gamelan,
un jasmin plus un arabe,
une nonne et une falaise,
un chant et un masque,
encore une garnison et une damoiselle,
l’espérance de quelqu’un
plus le rêve de l’autre.
(Ne possédant pas ce livre, la traduction est de moi. Je suis sûre que Silvia Baron Supervielle a fait mieux!)
*Note: Ida Vitale a reçu en 2015 le prix Reina Sofía,  la plus haute distinction de la poésie ibéro-américaine qui consacre la poète uruguayenne comme une des voix les plus importantes de la poésie de langue espagnole.
 
Mural de Diego Rivera "La marcha de la humanidad"

Sumas
                                          caballo y caballero son ya dos animales

Uno más uno, decimos. Y pensamos:
una manzana más una manzana,
un vaso más un vaso,
siempre cosas iguales.

Qué cambio cuando
uno mas uno sea un puritano
más un gamelán,
un jazmín más un árabe,
una monja y un acantilado,
un canto y una máscara,
otra vez una guarnición y una doncella,
la esperanza de alguien
más el sueño de otro.

  De
"Reducción del infinito" 2002


1 févr. 2017

Roses ou blanches, sur ciel gris ou bleu / Rosas o blancas, sobre cielo gris o azul


Cette semaine, et parce que les amandiers sont en fleurs, je vous ai traduit, en espagnol et français, un poème catalan de saison.

Esta semana os he traducido, al español y al francés, un poema de temporada,

Joan Maragall (Barcelona 1860-1911),  est considéré comme un des père de la poésie catalane moderniste / Es considerado uno de los padres de la poesía catalana modernista.

Sorolla, almendro en flor


L'ametller / Joan Maragall


A mig aire de la serra
veig un ametller florit.
Déu te guard, bandera blanca,
dies ha que t'he delit!

Ets la pau que s'anuncia
entre el sol, núvols i vents...
No ets encara el millor temps
però en tens tota l'alegria.


El almendro

A media altura de la sierra
veo un almendro florido
Dios te guarde, bandera blanca,
hace días que te he deseado!

Eres la paz que se anuncia
entre el sol, nubes y vientos…
Todavía no eres el mejor tiempo
pero tienes toda su alegría.
(Trad: Colo)
31janvier 2017, photo Colo
L’amandier

À mi-hauteur de la sierra
je vois un amandier fleuri.
Dieu te garde, drapeau blanc,
il y a des jours que je t’attends!

Tu es la paix qui s’annonce
entre soleil, nuages et vents…
Tu n’es pas encore le meilleur temps
mais tu en as toute la joie.

(Trad: Colo)


Pour en savoir plus sur le Catalan, langue de la famille occitane, et qu'on parle aussi ici sur mon île (avec quelques variantes), infos ici

27 janv. 2017

Comme endormi / Como dormido

Ofrenda de flores 1898

Ignacio Pinazo Camarlench.  
Ce nom vous dit-il quelque chose? Même ici peu de gens connaissent ce peintre Valencien(1849-1916), et c'est fort étrange. 
L'exposition à Valencia célébrait les 100 ans de sa mort, et le titre d'un article du journal local, Valencia Plaza, était: " Pinazo trahi; l'artiste que Valencia oublie toujours". et de poursuivre par les mots d'un professeur d'Art, Javier Pérez Rojas: Plus qu'oublié, il est comme endormi. Soudain ils (les valenciens) se rappellent de lui, et aussi soudain ils l'oublient."*

Je ne vais pas vous raconter sa vie, ni son évolution, seulement vous dire que c'est un extraordinaire  portraitiste, - ses tableaux d’enfants sont magnifiques -, et qu’une partie de l’œuvre est classée comme impressionniste.

Pensez-vous comme moi qu’il faut réveiller la mémoire de ce peintre?



Ignacio Pinazo Camarlench 

 ¿Os dice algo este nombre? Me di cuenta que poca gente conoce aquí este pintor valenciano, y me parece muy extraño.
La exposición vista en Valencia celebraba el centenario de su muerte, y el título de un artículo en la prensa local, Valencia Plaza, era: “La traición a Pinazo, el artista al que Valencia siempre olvida", y seguían esas palabras del profesor de Arte, Javier Pérez Rojas :“Más que olvidado, está como dormido. De pronto se acuerdan de él, y de pronto se olvidan”.*
No voy a contaros su vida ni su evolución, sólo deciros que es un excelente retratista, los cuadros de niños son magníficos y que una parte de su obra es clasificada como impresionista.

¿Pensáis, como yo, que hay que despertar la memoria de ese pintor?


La playa


La cometa (le cerf-volant)















Retrato de su hijo José

El pintorcito 1884



Retrato de niña
* http://valenciaplaza.com/la-traicion-a-pinazo-el-artista-al-que-valencia-siempre-olvi

22 janv. 2017

Un enfant en août / Un niño en agosto


Le billet précédent terminait sur ces vers de José Carlos Llop:

Le temps est un
et il n'y a pas de paradis perdus,
seuls des regards
qui ont perdu leur éclat.”

Solstice se lit sans hâte, il n’y a aucune intrigue. Si les souvenirs d’enfance de l’auteur se situent à Majorque, sur la côte nord-est, il n’est pas besoin d’être d’ici pour se sentir bien dans ce récit. De fait il pourrait avoir été écrit dans n’importe quel pays ou île méditerranéens.




Vous ne trouverez aucune nostalgie ni réflexion sur la situation politique du moment (dernière époque de la dictature de Franco), car l’auteur a décidé, et c’est vraiment réussi, de ne nous raconter que ce que lui, très jeune garçon, voyait.
L’auteur rejette l’idée qu’il s’agisse d’une œuvre de stricte mémoire “car je ne suis même pas la piste d’une forme de littérature autobiographique: l’enfant n’est pas l’axe du récit, il est le regard sur le paysage du récit; ceci arrive car le narrateur n’a pas encore de voix littéraire, il ne fait que regarder”.
Il s’agit d’un regard inaugural, qui découvre les chose pour la première fois et, confesse-t-il, c’est le début “de quelques chose de très important dans la naissance d’un écrivain, apprendre à les nommer, qui est l’équivalent de les posséder.””*

Chaque mois d’août une Simca couleur cerise venait chercher la famille du lieutenant colonel Llop pour l’amener à Betlem (Bethléem en majorquin), à 85km de Palma: un vrai voyage! Et arriver à une zone militaire protégée où la famille s’installait dans une maison rustique au confort spartiate.
Le paysage aux alentours, sec, aride, était comme un désert africain dit-il. 
 
Ce mois d’août est pour le gamin comme un séjour au paradis. La vie y est ordonnée, rituelle; comme le bain de mer avant le déjeuner où, sur le chemin du retour, sa mère lui versait de l’eau fraîche sur la tête pour lui éviter l’insolation. Son père, homme autoritaire dont il fait un très beau portrait, a une façon particulière de marcher avec sa cane, en mouvements décomposés, qui le fascine.

Le plaisir de ce roman se trouve dans de simples histoires d’odeurs, d’arbustes, de lumières, d’un mulet fou, de poissons pêchés à l’aube avec son frère, d’oiseaux qu’il observe, de jeux de société, d’une mère délicate, d’un monde fait uniquement de sa famille, des quelques soldats qui y vivent...


La entrada anterior terminaba con estos versos de José Carlos Llop:

El tiempo es uno
y no hay paraísos perdidos,
sólo miradas
que han perdido el brillo.”

Solstice se lee sin prisa, no hay ninguna intriga. Si los recuerdos de infancia del autor se sitúan en Mallorca, en la costa noreste, no hace falta ser de aquí para encontrarse bien en este relato. De hecho podría haber sido escrito en cualquier país o isla del Mediterráneo.
No encontraréis ninguna nostalgia ni reflexión sobre la situación política del momento (última etapa dela dictadura de Franco), ya que el autor ha decidido, con gran acierto, contarnos solo lo que él, un jovencito, veía. 

 

Rechaza el autor que se trate de una obra estrictamente memorística, "pues ni siquiera voy de la mano de una forma de literatura autobiográfica: el niño no es el eje del relato, sino que es la mirada sobre el paisaje del relato, y eso sucede porque el narrador no tiene aún voz literaria, sólo mira".
Se trata de una mirada inaugural, que descubre las cosas por vez primera y, confiesa, es el inicio "de algo muy importante en el origen del escritor, que es aprender a nombrarlas, el equivalente a poseerlas".*

Cada mes de agosto un Simca color cereza venía a buscar la familia del teniente coronel Llop para llevarla a Betlem a unos 85 km de Palma, un verdadero viaje! Y llegar a una zona militar protegida donde la familia se instalaba en una casa rústica de confort espartano. El paisaje alrededor, árido y seco, era como el desierto africano, dice.
Ese mes de agosto es para el chico como una estancia en el paraíso. La vida es ordenada, ritual; como el baño de mar antes de comer donde, en el camino de vuelta, su madre le echaba agua fresca en la cabeza para evitarle una insolación. Su padre, un hombre autoritario del cual hace un bonito retrato, tiene una forma particular de mover su bastón al andar, en movimientos descompuestos, que le fascina.
El placer de esta novela se encuentra en simples historias de olores, de arbustos, de luces, de un burro loco, de peces pescados al alba con su hermano, de pájaros que observa, de juegos, de una madre atenta y delicada, de un mundo hecho de su sola familia, de unos pocos soldados y del calor.

17 janv. 2017

L'éclat des regards / El brillo de las miradas



Comme annoncé,  José Carlos Llop . Cet écrivain et poète Majorquin contemporain dont des amies françaises et belges m’ont parlé! Je devrais sans doute passer plus de temps dans les librairies de Palma...
J’ai lu “Le rapport Stein” en Français car il n’est plus édité en espagnol. Puis on m’a offert “Solstice” (en français aussi) et, enchantée, j’ai acheté un livre de ses poèmes intitulé “La Dádiva”. (L’offrande). J’ignore s’ils sont traduits en français, mais je me suis lancée à en traduire un.
Loin d’être choisi au hasard, il introduit parfaitement les thèmes de ce bijou qu’est le roman Solstice dont nous parlerons prochainement.


Cómo anunciado, José Carlos Llop. Este escritor y poeta Mallorquín contemporáneo del cual amigas francesas y belgas me hablaron! Debería sin duda pasar más tiempo en las librerías de Palma…
Leí “El informe Stein” en francés pues está descatalogado en español. Luego me regalaron “Solsticio” (también en francés) y, encantada, compré uno de sus libros de poesía”La Dádiva”. Ignoro si los poemas están traducidos al francés, pero me lancé y traduje uno.
Lejos de ser elegido al azar, introduce perfectamente los temas de esa joya que es la novela Solsticio de la cual os hablaré muy pronto.

Lalique, femme libellule




Carte postale cubiste

L'odeur des algues est un baume
amené d'Alexandrie
par un navire romain
vu de moi seul. Une libellule
est un Lalique et un crabe qui avance,
l'ombre que trace la douleur
dans la vie des hommes.
C'est dans ces eaux que se mirèrent les dieux
comme dans les thermes de l'Olympe.

Les chèvres surveillent
le passage des bateaux, l'argent de l'horizon
là où finit le monde.
Les pins sont des émeraudes
dans la mine bleue de l'air.
Le temps est un
et il n'y a pas de paradis perdus,
seuls des regards
qui ont perdu leur éclat.

(traduction Colo)



Postal cubista

El olor de las algas es un bálsamo
traído de Alejandría
por una nave romana
que sólo yo veo. Una libélula
es un Lalique y un cangrejo que avanza,
la sombra que el dolor traza
en la vida de los hombres.
En estas aguas se miraron los dioses
como en las termas del Olimpo.

Las cabras vigilan
el paso de los buques, la plata del horizonte
donde el mundo se acaba.
Los pinos son esmeraldas
en la mina azul del aire.
El tiempo es uno
y no hay paraísos perdidos,
sólo miradas
que han perdido el brillo.

La Dádiva, p.40. Colección Calle Del Aire Sevilla Renacimiento.