12 déc. 2017

Musique et bois sacré / Música y bosque sagrado



Nous parlions d’animisme à la fin du dernier billet.
Hablaba de animismo al final de la entrada anterior.
Lors d’une balade, toujours dans le sud du Sénégal, cette affiche :
Durante un paseo, en el sur de Senegal, este cartel :

Photo Colo 2017, près de Cap Skirring


Un bois sacré...cela me rappelle un poème extrait du recueil de « poésie noire », Karanta, de Mbay Usmaan.

Un bosque sagrado, esto me recuerda un poema extracto de un libro de “poesía negra”, Karanta, de Mbay Usmaan


Descendant des ces collines arides
Je voudrais m’asseoir un instant
Et sentir dans le creux de mes cuisses
Le galbe prodigieux de la « Kora »
Dont le lourd sortilège des arpèges
Envahit mon corps
Et me transporte si loin
Aux airs de « touroubang » et « soutoukoum »
Dans une inaltérable célébration du gabou
Sublimes instants de vies harmonieuses
D’où surgissent des puissances
qui convergent vers l’imposant bois sacré
Ceint de panaches de fumée
Et d’explosions entrecoupées
De rythmes pulsatiles du « bombolong »
(…)
L’orgie de bruits et de sons
Amplifie le tumulte
Dans les poitrines juvéniles
Mais ce soir elles retrouveront la quiétude
Dans le sommeil avec l’esprit des ancêtres.
(...)

http://africanholocaust.net/music-in-african-religions/




Bajando de esas colinas áridas
Quisiera sentarme un instante
Y sentir en el hueco de mis muslos
El moldeado prodigioso de la “Kora”
Cuyo fuerte sortilegio de los arpegio
Invade mi cuerpo
Y me trasporta tan lejos
Con aires de “touroubang” y “soutoukoum”
En un inalterable celebración del gabou
Sublimes instantes de vidas harmoniosas
De donde surgen potencias
Que convergen hacia el imponente bosque sagrado
Ceñido de bocanadas de humo
Y de explosiones entrecortadas
De ritmos pulsativos del “bombolong”
(…)
La orgía de ruidos y sonidos
Amplifica el tumulto
En los pechos juveniles
Pero esta noche encontrarán la quietud
En el sueño con el espíritu de los ancestros.
(…)
(Trad: Colo)

Extrait de: Karanta (Poésie Noire) Mbay Usmaan, section: Sénégal


(Note: Un aimable lecteur de ce blog m'a signalé que ses commentaires ne passent pas, et  jamais.

Après recherches et consultations diverses, il semble que si vous passez par G+ les commentaires n'arrivent pas. Si vous employez G+ il vous faut cliquer soit sur Nom-Url ou sur Anonyme et y laisser votre nom si vous le souhaitez.

Je pourrais faire passer mon blog à G+, mais alors tous ceux d'entre vous qui n'ont pas d'adresse gmail seraient exclus. Je garde donc la forme actuelle.
Désolée pour ceux qui ont essayé et nada.)

6 déc. 2017

Sourires et images


C’était à la frontière avec la Guinée Bissau, tout au sud du Sénégal. Nous sommes restés une semaine dans ce petit village.

Ce n’était pas vraiment un endroit touristique (à part un club Med. dont les clients ne sortent pas ou peu) mais il y a de nombreux résidents européens, retraités, qui y passent la saison sèche. Principalement des français et des belges.

Il y avait le doux Adama, avec son magasin savamment installé sur son vélo. Il était fier Adama car lors de la course cycliste il était“le troisième africain”. “Les français étaient forts” disait-il, moi je pense qu’ils avaient de meilleurs vélos…


Il y avait la souriante Mané qui m’a enseigné à préparer un poulet yassa, délicieux. Les cubes de bouillon Jumbo sont omniprésents dans leur cuisine.

Il y avait Moudou qui, à 7h30, passait, bonnet de laine et veste à longues manches. Il faisait 23º. “Vous avez froid Moudou?” “Oui, il fait froid”.

Et tant d’autres qui semblaient si contents qu’on parle avec eux (ils disent que certains européens les ignorent...relents de colonialisme). Les pêcheurs et les ramasseurs de coquillages vides (ils les vendent pour faire du coquillé, un mélange de morceau de coquillages et de ciment).



Les plages, immenses, étaient vides d’humains, seuls des chiens puis des vaches. 
 
 


Et la poésie me direz-vous? Elle est partout: les sourires et la lumière jaunâtre à l’aube, rosâtre le soir, cet arbre qui semble porter une jupe, des coquillages sur la plage qui semblent être des papillons…




C’était la première fois que je sortais de l’Europe. Ce voyage m’a énormément intéressée, bouleversée aussi.

Dans le prochain billet, un poème et un bois sacré...l’animisme est très présent là-bas.

Lo siento amigos españoles, tuve pereza esta vez de traducirlo al español. Pero tenéis las fotos...

20 nov. 2017

Pause


Nous partons dans quelques jours rendre visite à un vieil ami, dans le sud du Sénégal.
Je sais que j'y trouverai la poésie d'un français bien à eux, la poésie de leurs sourires, celle des paysages mais pas seulement.

On se retrouvera ici début décembre avec, j'espère, une belle récolte à partager avec vous.
Entre-temps, soyez sages...:-)

Nos vamos para hacerle una visita a un viejo amigo, en el sur de Senegal.
Sé que encontraré allí la poesía de un francés muy suyo, la poesía de sus sonrisas, la del los paisajes, pero no solamente.

Nos volveremos a encontrar aquí a principios de diciembre con, espero, una bonita cosecha para compartir con vosotros.
Mientras tanto, sed buenos...:-)

Pour se mettre dans l'ambiance, cette musique sénégalaise que j'écoute en boucle depuis ce matin.

14 nov. 2017

Savoir nommer / Saber nombrar


Nous revenons une fois encore à Alejandra Pizarnik.
Volvemos una vez más a Alejandra Pizarnik.

 
elle se dénude dans le paradis
de sa mémoire
elle ignore le féroce destin
de ses visions
elle a peur de ne savoir nommer
ce qui n'existe pas
(Trad: Colo)

ella se desnuda en el paraíso
de su memoria
ella desconoce el feroz destino
de sus visiones
ella tiene miedo de no saber nombrar
lo que no existe

expliquer avec des mots de ce monde
que de moi sortit un bateau qui m'emporta

(trad:Colo)

explicar con palabras de este mundo
que partió de mí un barco llevándome



Je lisais et traduisais ces courts poèmes quand je me suis demandé si cette difficulté à nommer l’avait poussée à s’exprimer aussi d’une autre façon qu’avec des mots. Et j’ai trouvé ça:
Leía y traducía esos cortos poemas cuando me pregunté si esa dificultad en nombrar le había empujado a expresarse también de otra forma que con palabras. Y encontré esto:

Seul le fragile reste

La cage est devenue oiseau et s'est envolée



Je demande le silence * (détail)

Ce voyage fut une erreur *










6 nov. 2017

Chauds ou froids, frissons / Cálidos o fríos, escalofríos

Derrière ma fenêtre fermée (Colo)


Les premiers froids sont arrivés, soudain. Brrr. Avant-hier on déjeunait encore sur la terrasse.
 Deux courts poèmes du majorquin Antonio Rigo ( Palma de Mallorca 1957)



Le silence de la montagne
brisé par le son
de l'herbe qui germe,
le bruit de la ville
écrasé par le silence
de la feuille qui croît.

(Trad: Colo)
El silencio de la montaña
roto por el sonido
de la hierba que brota,
el ruido de la ciudad
aplastado por el silencio
de la hoja que crece.


En amour et
en poésie
l'important
est de garder
au chaud le
frisson.

En el amor y
la poesía
lo importante
es mantener
caliente el
escalofrío.


Antonio Rigo
Extrait /Extracto de:
Albúm blanco


1 nov. 2017

Je me souviens de toi..../ Te recuerdo....


Pablo Neruda


Je me souviens de toi telle que tu étais en ce dernier automne:
un simple béret gris, le cœur en paix.
Dans tes yeux combattaient les feux du crépuscule.
Et les feuilles tombaient sur les eaux de ton âme.

Enroulée à mes bras comme un volubilis,
les feuilles recueillaient ta voix lente et paisible.
Bûcher de stupeur où ma soif brûlait.
Douce jacinthe bleue tordue sur mon âme.

Je sens voyager tes yeux et l'automne est distant:
béret gris, cris d'oiseau, cœur où l'on est chez soi
et vers eux émigraient mes désirs si profonds
et tombaient mes baisers, joyeux comme des braises.

Ciel vu d'un bateau. Champs vus des collines:
lumière, étang de paix, fumée, ton souvenir.
Au-delà de tes yeux brûlaient les crépuscules.
Sur ton âme tournaient les feuilles de l'automne.

(Traduction trouvée sur la Toile, sans nom d’auteur, un peu modifiée par moi)
 
Photo Colo, prise près de chez moi


Te recuerdo como eras en el último otoño.
Eras la boina gris y el corazón en calma.
En tus ojos peleaban las llamas del crepúsculo.
Y las hojas caían en el agua de tu alma.

Apegada a mis brazos como una enredadera,
las hojas recogían tu voz lenta y en calma.
Hoguera de estupor en que mi sed ardía.
Dulce jacinto azul torcido sobre mi alma.

Siento viajar tus ojos y es distante el otoño:
boina gris, voz de pájaro y corazón de casa
hacia donde emigraban mis profundos anhelos
y caían mis besos alegres como brasas.

Cielo desde un navío. Campo desde los cerros.
Tu recuerdo es de luz, de humo, de estanque en calma!
Más allá de tus ojos ardían los crepúsculos.
Hojas secas de otoño giraban en tu alma.


26 oct. 2017

Avec acharnement / Con ensañamiento




Un conte court de Ramón Gómez de la Serna (Espagne, 1888-1963). 
 
Le docteur Alejo mourut assassiné. Indubitablement, il mourut étranglé.
Personne n’était entré dans la maison, indubitablement personne, et bien que le docteur dormait, avec, par hygiène, la porte du balcon ouverte, son appartement était si haut qu’on ne pouvait supposer que l’assassin était entré par là.

La police ne trouvait pas la piste de ce crime et était sur le point d’abandonner l’affaire quand l’épouse et la servante du mort arrivèrent, épouvantées, à la Préfecture. 
D’un saut du haut de l’armoire elle était tombée sur la table, les avait regardées, les avait vues, et s’était enfuie ensuite dans la chambre; une main solitaire et vive comme une araignée. Elles l’avaient laissée là, enfermée à clé dans la chambre.

La police et le juge, terrorisés, se rendirent sur place. C’était leur devoir. Ils eurent bien du mal à attraper la main, mais ils le firent et chacun lui attrapa un doigt, car elle était vigoureuse comme si en elle résidait toute la force d’un homme fort.

Que faire d’elle? Quelle lumière apporterait-elle sur l’événement? Comment la condamner? À qui appartenait cette main?

Après une longue pause, le juge eut l’idée de lui donner un stylo pour qu’elle déclare par écrit.
La main écrivit alors:” Je suis la main de Ramiro Ruiz, vilement assassiné par le docteur à l’hôpital et dépecé avec acharnement dans la salle de dissection. J’ai rendu justice”.
(Trad: Colo)

Le titre de ce conte est...La Main
 
Study of feet and hands, 1818 Théodore de Géricault

Un cuento breve de Ramón Gómez de la Serna (España, 1888-1963)

El doctor Alejo murió asesinado. Indudablemente murió estrangulado.
Nadie había entrado en la casa, indudablemente nadie, y aunque el doctor dormía, por higiene, con el balcón abierto, era tan alto su piso que no era de suponer que por allí hubiese entrado el asesino.
La policía no encontraba la pista de aquel crimen, y ya iba a abandonar el asunto, cuando la esposa y la criada del muerto acudieron despavoridas a la Jefatura. Saltando de lo alto de un armario había caído sobre la mesa, las había mirado, las había visto, y después había huido por la habitación, una mano solitaria y viva como una araña. Allí la habían dejado encerrada con llave en el cuarto.
Llena de terror, acudió la policía y el juez. Era su deber. Trabajo les costó cazar la mano, pero la cazaron y todos le agarraron un dedo, porque era vigorosa corno si en ella radicase junta toda la fuerza de un hombre fuerte.

 ¿Qué hacer con ella? ¿Qué luz iba a arrojar sobre el suceso? ¿Cómo sentenciarla? ¿De quién era aquella mano?
Después de una larga pausa, al juez se le ocurrió darle la pluma para que declarase por escrito. La mano entonces escribió: «Soy la mano de Ramiro Ruiz, asesinado vilmente por el doctor en el hospital y destrozado con ensañamiento en la sala de disección. He hecho justicia».

El título de este cuento es...LA MANO