9 oct. 2017

José Carlos Llop, deux langues indissociables

En cette veille de décisions importantes en Espagne, je relaye un article paru das le journal La Croix, de José Carlos LLop 

L’écrivain José Carlos Llop (1) est né et vit à Palma de Majorque, où il dirige la bibliothèque Lluís-Alemany consacrée aux patrimoines des îles Baléares.


Je suis d’un pays où l’on parle, lit et écrit deux langues. C’est une richesse qui nous est donnée dès l’enfance, comme nous sont données la beauté du paysage et notre condition d’insulaires. En effet, je ne suis pas de Catalogne, terre continentale, je suis de Majorque, une île de la Méditerranée occidentale.
Et en tant qu’insulaire, ces deux langues – le castillan et le catalan – me sont aussi familières que les deux langages que possède tout insulaire : le langage de la mer – qui nous entoure et qui nous isole du monde et nous met en relation avec le monde – et le langage de la terre. L’un et l’autre sont inséparables comme sont inséparables, en ce qui me concerne, le castillan (ou espagnol) et le catalan de Majorque (ou majorquin).
En vertu de cette indissociabilité, il y a des choses naturelles que nous disons dans une langue – le catalan – et que nous ne disons en castillan que si cela est nécessaire. Il en est ainsi, par exemple, des poissons ou des champignons de la forêt. Les arbres et les plantes – la botanique de Linné – parlent dans les deux langues, comme nous-mêmes ou comme les animaux de la terre. Et comme la littérature.

Il y a des irréductibles. Ce n’est pas mon cas.

Ici, il est vrai, il y a des irréductibles : ou dans une langue ou dans l’autre. Ce n’est pas mon cas. De la même façon que dans ma vie de tous les jours je parle les deux langues et écris des lettres et des courriers électroniques également dans les deux langues, j’ai écrit la plus grande partie de mes livres – poésie, romans et essais – en espagnol, mais j’ai aussi écrit de la poésie et du théâtre en catalan, parce que c’était la langue que le texte réclamait ou, ce qui est la même chose, celle que réclamait ma vie personnelle.


De fait, je me promène d’une langue à l’autre et n’entends rien aux conflits linguistiques ni aux impositions, violentes ou pas. C’est pourquoi je refuse de renoncer à ma vie bilingue, comme je refuse la désaffection envers n’importe laquelle de mes deux langues, comme je me refuse à ceux qui veulent que mon pays change au point que nous serons nombreux à être expulsés du lieu où nous avons vécu et vivons ensemble. Non pas qu’on nous fasse bouger, mais simplement parce que cette nation de pays – l’Espagne, telle que nous l’entendons et comme elle s’entend, bien ou mal, depuis plusieurs siècles – cesserait d’exister.

Le début d’un ouragan européen

Mais ce tourbillon dans lequel nous sommes plongés maintenant n’est pas arrivé tout seul. C’est le début d’un ouragan européen, si les choses ne changent pas. Une des métamorphoses de la postmodernité a été de transformer un sentiment hérité du romantisme – langue, culture, nation – en incubateur du ressentiment.
Ce ressentiment se répand dans toute l’Europe – comme il s’est répandu au siècle dernier, en Orient, contre l’Europe (il faut lire Pankaj Mishra) – pour une raison très simple : le narcissisme. Le narcissisme européen, maladif, et le narcissisme adolescent de la postmodernité.
La crise économique a laissé plusieurs générations seules face au miroir, après une longue nuit de fête. Et ce qu’elles ont vu ne les satisfait pas. C’est une fièvre en passe de se transformer en épidémie qui veut nous expulser de notre conception du Vieux Continent comme lieu de liberté et de vivre-ensemble, démocratique.
Dans chacune des nations qui le composent, la fracture s’est produite – ou se produira – au point le plus faible. Dans le cas de l’Espagne, par deux formes de ce qu’on appelle maintenant populisme : le nationalisme identitaire et le postcommunisme engagé. Et personne n’a su créer un discours porteur d’espoir, capable de contrebalancer la menace sécessionniste et de protéger ceux qui ne trouvent pas refuge sous la bannière identitaire.

« Le monolinguisme est un poison »

J’écris ces lignes le jour où le prix Nobel de littérature est décerné à Kazuo Ishiguro, le Britannique d’origine japonaise qui a transformé la figure classique du majordome anglais en réplique de la vieille geisha. Orient et Occident. Catalan et espagnol. C’est-à-dire européen. Et le prix Nobel au milieu : tout le contraire de la convulsion.
Ishiguro a dit aux journalistes : « Nous sommes préoccupés en tant qu’individus : nous voyons l’essor du populisme et des nationalismes. » Et un des favoris de cette année, le Kenyan Ngugi Wa Thiong’o, avait affirmé : « Le monolinguisme est un poison, le dioxyde de carbone des cultures, alors que le bilinguisme en est l’oxygène. »


Je me suis souvenu d’un autre lauréat du prix Nobel, le poète Derek Walcott, qui parlait de la richesse d’être un homme traversé par deux langues. C’est mon cas. Et les langues sont ici la métaphore d’un mode de vie et de pensée où l’une et l’autre se renforcent, et séparées elles placent ce mode de vie et de pensée dans la même situation que l’enfant sous l’épée de Salomon. C’est ce que serait mon pays, si venait à triompher le mépris des lois et de l’État, la fracture sociale – comme cela s’est produit en Catalogne – et la conjuration des sots. D’un côté et de l’autre, cette conjuration, mais maintenant il s’agit de la volonté de civilisation face à la force du ressentiment, maquillé en nationalisme et en révolution postmoderne.
Traduit par Edmond Raillard 


3 oct. 2017

Regarder avec innocence / Mirar con inocencia


Chemins du miroir

1964 Alejandra Pizarnik* (La piedra de la Locura)
l
Et surtout regarder avec innocence. Comme si rien ne se passait, ce qui est vrai.
ll
Mais toi je veux te regarder jusqu’à ce que ton visage s’éloigne de ma peur comme un oiseau du bord philosophe de la nuit.
lll
Comme une fillette de craie rose sur un très vieux mur soudain effacé par la pluie.
lV
Comme quand une fleur s’ouvre et révèle le cœur qu’elle n’a pas.
V
Tous les gestes de mon corps et de ma voix pour faire de moi l’offrande, le bouquet qu’abandonne le vent sur le seuil.
Vl
Couvre la mémoire de ton visage avec le masque de celle que tu seras et qui effraye la fillette que tu fus.
Vll
La nuit des deux se dispersa avec la brume. C’est la saison des aliments froids.
Vlll
Et la soif, mon souvenir est de soif, moi en bas, au fond, dans le puits, je buvais, je me souviens.
lX
Tomber comme un animal blessé dans le lieu qui allait être celui des révélations.
X
L’air de rien. De rien du tout. Bouche cousue. Paupières cousues. J’ai oublié.
Au dedans le vent. Tout fermé et le vent dedans.
(Trad: Colo)

* Une poètesse qui j'admire, qui me fascine aussi. Si vous avez oublié qui elle est, c'est ici 
Girl at the mirror, Norman Rockwell (1954)

CAMINOS DEL ESPEJO, 1964

Alejandra Pizarnik (La Piedra De La Locura)
I
Y sobre todo mirar con inocencia. Como si no pasara nada, lo cual es
cierto.
II
Pero a ti quiero mirarte hasta que tu rostro se aleje de mi miedo como
un pájaro del borde filoso de la noche.
III
Como una niña de tiza rosada en un muro muy viejo súbitamente
borrada por la lluvia.

IV
Como cuando se abre una flor y revela el corazón que no tiene.
V
Todos los gestos de mi cuerpo y de mi voz para hacer de mí la
ofrenda, el ramo que abandona el viento en el umbral.
VI
Cubre la memoria de tu cara con la máscara de la que serás y asusta a
la niña que fuiste.
VII
La noche de los dos se dispersó con la niebla. Es la estación de los
alimentos fríos.
VIII
Y la sed, mi memoria es de la sed, yo abajo, en el fondo, en el pozo,
yo bebía, recuerdo.
IX
Caer como un animal herido en el lugar que iba a ser de revelaciones.
X
Como quien no quiere la cosa. Ninguna cosa. Boca cosida. Párpados
cosidos. Me olvidé. Adentro el viento. Todo cerrado y el viento
adentro.

29 sept. 2017

Plaisir du coeur


Je lis dans vos commentaires que, contrairement à moi, vous connaissez bien Emily Dickinson.
Mais je tiens, parce que je le trouve si beau, à publier un autre court poème d’elle.

The Heart asks Pleasure – first –
And then – Excuse from Pain –
And then – those little Anodynes
That deaden suffering –

And then – go to sleep –
And then – if it should be
The will of it’s Inquisitor
The luxury to die –

Il en existe une traduction de Guy Forgue, que je n'aime pas trop, la voici:

Le cœur veut d’abord le plaisir,

Puis des raisons de ne pas souffrir ;
Puis, ces petits calmants
Qui ouatent la douleur.
                     
Ensuite il veut s’endormir ;
Enfin, si c’est son bon plaisir
De son Inquisiteur,
Le luxe de mourir.

                  
Mais, mais...je ne suis pas la seule à ne pas l’avoir bien aimée car j’ai trouvé le même avis ici: http://guesswhoandwhere.typepad.fr/carnets_de_poesie/2007/02/emily_dickinson.html et l’auteur du blog en a fait une traduction personnelle que je trouve très réussie. Je n’y ai fait aucun changement, juste copiée.


Le Cœur veut du plaisir – d’abord –

Ensuite – des raisons de ne pas souffrir –
Et puis – ces petites choses
Qui adoucissent la souffrance -

Ensuite – il veut dormir –
Puis – si tel est le plaisir
De son Inquisiteur
Le luxe de mourir.




Bon week-end!

27 sept. 2017

Vers la beauté / Hacia la belleza





Une poétesse que j’avais peu lue, Emily Dickinson, un grand tort!
Una poetisa que había leído poco, un gran error!

Voilà le premier d’une courte série.
Aquí va el primero, de una serie corta.


Monet, Bord de mer à Saint Adresse


1540

Aussi imperceptiblement que le chagrin
L’été s’en est allé-
Trop imperceptible enfin
Pour ressembler à quelque perfidie-
Une quiétude s’est distillée
Comme un demi-jour commencé de longtemps,
Ou la nature qui aurait passé avec elle-même
Un après-midi séquestré-
L’obscurité s’est installée plus tôt-
Le matin, étranger, a brillé-
Courtoise, pourtant déchirante grâce,
Comme invitée, mais qui s’en serait allée-
Et ainsi, sans une aile,
Ni l’aide d’une quille
Notre été, léger, a pris la fuite
Vers la beauté.

1540

Imperceptible como una pena
El verano se alejó-
Demasiado imperceptible al fin
Para sentir su perfidia-
Una calma destilada
Cual crepúsculo detenido,
O la naturaleza que disfruta consigo
De la tarde secuestrada-
El anochecer acudió más temprano-
La mañana ajena se iluminó-
Una cortés gracia que intimida,
Como el huésped que desea partir-
Y así, sin tener alas
Ni ayuda de una nave
Nuestro verano emprendió su escapada
Ligero en pos de la belleza.

1540 (merci Adrienne)

As imperceptibly as Grief
The Summer lapsed away —
Too imperceptible at last
To seem like Perfidy —
A Quietness distilled
As Twilight long begun,
Or Nature spending with herself
Sequestered Afternoon —
The Dusk drew earlier in —
The Morning foreign shone —
A courteous, yet harrowing Grace,
As Guest, that would be gone —
And thus, without a Wing
Or service of a Keel
Our Summer made her light escape
Into the Beautiful.

20 sept. 2017

Comme toi / Cómo tú


Un message d’espoir” dit Paco Ibañez avant de chanter ce poème de León Felipe (poète espagnol, exilé après la guerre civile, ( Zamora 1884 - Ciudad de México, 1968) et il ajoute: ‘”celui qui lutte n’est pas mort”. 
Un poème dédié à nous tous, les petites gens.





Comme toi León Felipe


Ainsi est ma vie,
pierre,
comme toi. Comme toi,
petite pierre;
comme toi
pierre légère;
comme toi,
galet qui roule
sur les chemins
et les trottoirs;
comme toi,
humble caillou des routes;
comme toi
qui par les jours d’orage
t’aplatis
dans la boue de la terre
et puis
scintilles
sous les sabots
et sous les roues;
comme toi, qui n’as même pas servi
à être pierre
d’une halle de marché,
ni pierre d’un tribunal,
ni pierre d’un palais,
ni pierre d’une église;
comme toi,
pierre aventureuse;
comme toi
qui, peut-être, n’es faite
que pour une fronde,
pierre petite
et
légère...

(Trad: Colo)



Cómo tú León Felipe ( Zamora 1884 - Ciudad de México, 1968)

Así es mi vida,
piedra,
como tú. Como tú,
piedra pequeña;
como tú,
piedra ligera;
como tú,
canto que ruedas
por las calzadas
y por las veredas;
como tú,
guijarro humilde de las carreteras;
como tú,
que en días de tormenta
te hundes
en el cieno de la tierra
y luego
centelleas
bajo los cascos
y bajo las ruedas;
como tú, que no has servido
para ser ni piedra
de una lonja,
ni piedra de una audiencia,
ni piedra de un palacio,
ni piedra de una iglesia;
como tú,
piedra aventurera;
como tú,
que tal vez estás hecha
sólo para una honda,
piedra pequeña
y
ligera…


Paco Ibañez
No está muerto quien pelea”

13 sept. 2017

La pleureuse / La Llorona


La Llorona est un spectre du folklore latinoaméricain qui, selon la tradition orale, se présente comme l’âme en peine d’une femme qui assassina ou perdit ses enfants, les cherche en vain, et effraye par ses pleurs saisissants.
La légende a de nombreuses variantes selon les pays, mais les faits principaux sont identiques.
Voici la chanson, une des versions en tout cas. 
L’interprète la plus connue de cette chanson est Chavela Vargas, je ne l’ai pas choisie mais une version plus épurée, j’espère que vous l’apprécierez.

La Llorona es un espectro del folclore latinoamericano que, según la tradición oral, se presenta como el alma en pena de una mujer que asesinó o perdió a sus hijos, busca a estos en vano y asusta con su sobrecogedor llanto a quienes la ven u oyen. Si bien la leyenda cuenta con muchas variantes, de acuerdo al país, los hechos  son siempre los mismos.(Wiki)

 
La llorona ( La pleureuse)

Si parce que je t’aime
tu veux, llorona, ma mort,
que ta volonté soit faite
Aïe llorona
puisse Dieu m’enlever la vie,
pauvre de moi, llorona,
llorona d’hier et d’aujourd'hui
hier je fus merveille, llorona
et aujourd’hui même pas une ombre.
Qu’ont-elles les fleurs llorona
les fleurs du cimetière.
Quand le vent souffle llorona,
on dirait qu’elles pleurent.
Pauvre de moi, llorona
llorona de bleu ciel
et même si je paie de ma vie
llorona, ne cesserai de t’aimer.
(Trad: Colo)

La llorona

Si porque te quiero
quieres llorona
que yo, la muerte reciba
que se haga tu voluntad
Ay llorona,
por suerte de Dios no viva
Ay de mi, llorona,
llorona, de ayer y hoy
ayer maravilla fui, llorona
y ahora ni sombra soy.
No se que tienen las flores llorona
las flores del campo santo.
No se que tienen las flores llorona
las flores del campo santo.
Que cuando las mueve el viento llorona,
parece que están llorando.
Que cuando las mueve el viento llorona,
parece que están llorando.
Ay de mi, llorona
llorona de azul celeste
y aunque la vida me cueste,
llorona no dejaré de quererte






7 sept. 2017

Maîtres des souvenirs / Dueños de los recuerdos



Rêver de souvenirs lointains; il y a peu une de mes sœurs m’a dit être passée devant la maison de notre grand-mère.
Je me souviens de tous les détails, des escaliers, des caves, de la chambre bleue au bout du couloir... Pourquoi ai-je rêvé que je m’y étais perdue?


Aujourd’hui, et sur ce thème, un poème de Silvina Ocampo (Buenos Aires, 1906 – 1993), une femme très connue pour ses contes qui sont passés à l’histoire de la littérature Argentine du xxºs pour la cruauté déconcertante qu’elle a su imprimer à certains protagonistes de ses récits.

Soñar con lejanos recuerdos; hace poco una de mis hermanas me dijo haber pasado delante de la casa de nuestra abuela.
Me acuerdo de todos los detalles, de las escaleras, del sótano, de la habitación azul al fondo del pasillo...¿Por qué habré soñado que andaba perdida allí?

Hoy, y sobre este tema, un poema de Silvina Ocampo (Buenos Aires, 1906 – 1993), mujer muy conocida por sus cuentos que pasaron a la historia de la literatura Argentina del siglo XX “por la crueldad desconcertante que supo imprimir en algunos protagonistas de estos relatos.”*



Le rêve récurrent

J’arrive comme je suis arrivée, solitaire, effrayée,
 à la porte de rue en bois ciré.
J’ouvre la porte et j’entre, silencieuse, parmi les tapis.
Les ombres des murs et des meubles m’effrayent.

Je gravis les marches de marbre jaune,
avec des reflets rosés. Je pénètre dans un couloir.

Il n’y a personne, mais il y a quelqu’un caché dans les portes.
Les sombres volets sont tous ouverts.

De jour les hauts plafonds semblent
un ciel d’étoiles éteintes grandissantes.

Le souvenir conserve une ancienne rhétorique,
il s’élève comme un arbre ou une colonne dorique,

habituellement il dort dans nos rêves
et nous en sommes, en secret, ses maîtres exclusifs.
(Trad: Colo)

El sueño recurrente

Llego como llegué, solitaria, asustada,
a la puerta de calle de madera encerada.

Abro la puerta y entro, silenciosa, entre alfombras.
Los muros y los muebles me asustan con sus sombras.

Subo los escalones de mármol amarillo,
con reflejos rosados. Penetro en un pasillo.

No hay nadie, pero hay alguien escondido en las puertas.
Las persianas oscuras están todas abiertas.

Los cielos rasos altos en el día parecen
un cielo con estrellas apagadas que crecen.

El recuerdo conserva una antigua retórica,
se eleva como un árbol o una columna dórica,

habitualmente duerme dentro de nuestros sueños
y somos en secreto sus exclusivos dueños.

31 août 2017

Des cailloux, des pierres et des rochers / Guijarros, piedras y rocas


La lumière pâlit le soir arrivant. On nous propose une promenade en montagne: "On ira vers 18h en voiture au sommet, il fera moins chaud et puis, nous dit-on, c'est tout plat". Parfait!
La luz palidece al llegar la tarde. Nos proponen un paseo por la montaña:"Nos iremos sobre las 18h en coche hasta la cima, hará menos calor y además, nos dicen, es todo plano." ¡Perfecto!



Le chemin de cailloux, entouré de rochers, montait lentement mais sûrement, il faisait encore fort chaud, 32º : ne jamais croire ceux qui...

El camino de guijarros, rodeado de rocas, subía lentamente pero subía, todavía hacía mucho calor, 32º: no creer nunca los que...


Un flanc de montagne où on cultivait jadis, - de la vigne peut-être, des oliviers à coup sûr -, tout en terrasse (marjades); construire là ces murets de pierre sèche a dû être un travail de titan.  La Sierra de Tramuntana en est recouverte, et ces murs datent de l'époque musulmane. Au jour d'aujoud'hui beaucoup sont abandonnés.

La ladera del monte dónde se cultivaba antaño - viñas tal vez, olivos seguro,- hecha de terrazas (marjades); construir allí los muros de piedra seca debió ser un trabajo de titanes. Esas terrazas datan de la época musulmana y la Sierra de Tramuntana está recubierta de ellas. A día de hoy muchas están abandonadas.


La brume empêche de voir très loin, mais l'effort est plus que récompensé.
La calima impide ver muy lejos, pero el esfuerzo valió la pena.


Ici on se trouve près d'Estellencs,  La végétation est rare: pins, chênes verts, oliviers, quelques arbousiers...et des pierres, cailloux et rochers.

Aquí nos encontramos cerca de Estellencs. La vegetación es escasa: pinos, encinas, olivos, algún madroño...y piedras, guijarros y rocas.

Très intriguées ma fille et moi par cette plante sans feuilles, omniprésente, nous avons demandé à un couple d'amis qui nous a éclairées: "c'est une liliacée !  Et probablement une ornithogale." De la famille des asperges sauvage. Merci!

Muy intrigadas mi hija y yo por esta planta sin hojas, omnipresente, preguntamos a una pareja de amigos que nos aclaró la cosa: "es una liliácea! Y probablemente una ornitogalum." De la familia de los espárragos salvajes. ¡Gracias!



Notre jeune compagnon, - je me demande encore pourquoi il se cachait - et sa 
chienne.
Nuestro joven compañero - todavía me pregunto por qué se escondía - y su perra.



Peu à peu, et comme prévu, le soleil se cache derrière le Galatzó.
Nous redescendons, ravis, bien plus vite! 
  Poco a poco, y como previsto, el sol se esconde tras el  Galatzó.
Bajamos encantados, y mucho más de prisa!

25 août 2017

Le rouge de Juan Gris / El rojo de Juan Gris



Je crois que si je n’avais pas vu le nom du peintre de "La chanteuse", je ne l’aurais jamais deviné; ce tableau est tellement différent de tous ceux que je connais de Juan Gris. Il a été peint peu avant sa mort....un dernier amour?
Creo que si no hubiera visto el nombre del pintor, nunca lo habría adivinado: este cuadro, La Cantante es tan distinto de todos los que conozco de Juan Gris. Fue pintado poco antes de su muerte, ¿un último amor?

La chanteuse 1926 Juan Gris


 Vous aviez une robe toute rouge, avec des souliers rouges, vous étiez inouïe, vous aviez l’air d’une espèce de grande fleur de sang, d’un rubis en flamme… “              Marcel Proust



Si nous avions déjà parlé de lui lors des billet sur Marie Blanchard, ici
et ici, jamais je ne lui avais dédié un billet.
Si bien es verdad que habíamos hablado de él en las entradas de Marie Blanchard, (aquí y aquí)  nunca le habías dedicado una entrada.


José Victoriano González-Pérez, connu comme Juan Gris, est né à Madrid en 1887.
José Victoriano González-Pérez conocido como Juan Gris, nació en Madrid en 1887.
Pour fuir le service militaire à 19 ans il part  à Paris. Jusque là sa seule activité artistique avait consisté en des illustrations pour des revues de poésie et pour la presse en général.
Que fait-il à Paris? Au début la même chose, des dessins pour des revues française comme “L’assiette au beurre” mais il fera vite la connaissance de Picasso, Guillaume Apollinaire, de Marie Blanchard et de Georges Braque et vers 1910 il commence à se dédier uniquement à la peinture.

1915 Pipe et journal, Fantomas

Sous l’influence de Cézanne, Picasso et Braque il incorpore en 1912 le mouvement cubiste et signe un contrat d’exclusivité avec un marchand.

Huyendo del servicio militar se traslada a París. A los 19 años Hasta ese momento su única actividad artística había consistido en ilustraciones para revistas de poesía y prensa en general.
¿Qué hace en París? Primero continúa dibujando para periódicos y revistas francesas como "L´Assiette au Beurre" pero pronto conocerá a Picasso, a Guillaume Apollinaire y a Georges Braque y a partir de 1910, empieza a dedicarse por completo a la pintura.

Las influencias de Cézanne, Picasso y Braque hacen que en 1912 se incorpore al movimiento cubista y firma un contrato en exclusiva.
Su prioridad en pintura era la idea frente a la imagen del objeto representado. Parte de lo universal para alcanzar lo singular, así la imagen acabará pareciéndose a la idea, que es la verdadera realidad.

Trabaja la descomposición espacial, el collage y la técnica del papier collé .
Sus primeras obras son naturalezas muertas y algunos paisajes. En su paleta predominan los grises y ocres.
Sa priorité en peinture était l’idée face à l’image de l’objet représenté. Il part de l’universel pour atteindre le particulier, ainsi l’image finira par ressembler à l’idée,  la vraie réalité.

Pour ce faire il pratique, vous le voyez dans les deux tableaux ci-dessous, la décomposition spatiale, le collage et la technique du papier collé.
Ses premières œuvres sont des natures mortes et quelques paysages et sur palette dominent les gris et ocres.

Juan Gris, Le livre 1911

Maisons de Paris 1912


Poco a poco sus composiciones se van haciendo más rigurosas, simplifica los elementos despojándolos de todo lo anecdótico,  líneas más rígidas y ángulos más duros. 

Juan Gris, fenêtre ouverte, 1921
Una vez dominada la síntesis y simplificación de los objetos, Juan Gris estudia del mismo modo la figura humana. Ejemplo de ello son sus arlequines y pierrots.

A partir de 1921 sus formas se vuelven cada vez más redondeadas y blandas, Por ejemplo, Mujer con guitarra (1925)

Mais peu à peu ses compositions deviennent plus rigoureuses, il simplifie les éléments leur ôtant tout côté anecdotique, les lignes sont plus rigides et les angles plus durs.
Une fois qu’il domine cette simplification des objets, il étudie de la même façon la figure humaine. 

1922 Deux Pierrots (OU Arlequin et Pierrot?)
À partir de 1921 les formes deviennent plus rondes et tendres, voyez ce tableau, 

Femme à la guitare 1925

Hélas l’été 1825 son état de santé se mit à empirer, bronchites et asthme, et il mourut en mai 1927 a à peine 40 ans.
Picasso et Braque lui ont toujours fait de l’ombre et Juan Gris en souffrit beaucoup; il est bien moins connu qu’eux en France et a été longtemps ignoré en Espagne. Un des grands maîtres du cubisme, pourtant.


En agosto de 1925 su salud empeoró seriamente, sufre bronquitis y fuertes ataques de asma. En mayo de 1927 muere con apenas cuarenta años de edad.

Picasso y Braque siempre le hicieron sombra; es mucho menos conocido que ellos en Francia y, hasta hace poco, casi un desconocido en España.


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